Coup de cœur sur canapé – Itentaschen

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Lorsque j’étais enfant, je trouvais que la chose la plus prétentieuse que quelqu’un puisse dire était : « J’ai craqué, c’était un vrai coup de cœur ».

Il faut dire que, des « coups de cœur », j’en avais moi aussi : cette Barbie Sirène était un coup de cœur, ce singe en peluche WWF aussi, et ce kit pour fabriquer ses propres bonbons, et ce tutu turquoise, oh, ce tutu turquoise !

Mais j’avais beau affirmer à mes parents que «J’avais craqué, c’était un vrai coup de cœur. », ils ne semblaient pas enclins à comprendre le besoin viscéral que j’avais de recevoir ces objets indispensables à mon bonheur.

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Ces achats soudains et déraisonnables étaient donc réservés à mes yeux à « l’élite », aux dames que je croisais sur les marchés artisanaux ou chez ma grand-mère. Une élite qui, en plus, gaspillait son argent en s’achetant des tableaux minuscules, des services en porcelaine, voire (suprême sacrilège pour l’inconditionnelle des robes que j’étais) pour des pantalons.

Des pantalons, franchement ? Elles auraient mieux fait de m’acheter mon kit à bonbons, ça aurait au moins été productif.

Non, je n’étais pas le genre de fille qui avait le droit de craquer pour un coup de cœur. Jusqu’à cette après-midi de novembre 2012, où (vous me voyez venir, n’est-ce pas ?) j’ai eu un coup de cœur.

J’avais quinze ans, je visitais une immense exposition d’artisans dans un château moyenâgeux et si les pièces présentées étaient exceptionnelles, leur prix était souvent élevé. Et c’était bien normal, pour ces œuvres faites à la main, des pièces uniques. Nous touchions avec les yeux, ça nous suffisait.

Et puis, au détour d’un donjon (oui, vraiment), j’ai vu ce sac. Mon sac. Enfin, il n’était pas tout à fait à moi d’un point de vue légal, mais en réalité, c’était le mien. Voilà.

Si vous me lisez régulièrement (merci !), vous savez déjà que rien ne me plaît plus qu’un vêtement ou un objet qui me projette dans une atmosphère particulière. Et la couleur de ce sac, entre pistache et lichen, évoquait une clairière secrète, tandis que sa forme, avec ses grosses sangles et ses mousquetons noirs m’invitait à barouder sans frontières.


Mélanie Iten, designer industrielle et fondatrice d’Itentaschen, m’a alors expliqué que ses sacs étaient fabriqués à la main à partir de vestes et de canapés recyclés, parfois trouvés au bord de la route. « Plus le canapé est laid, plus le sac sera beau ! ». Et bien je ne doute pas un instant qu’un canapé de cette couleur, ça devait être bien moche. Et le sac était beau.

Le hasard fait bien les choses : nous étions alors à un mois de Noël, soit à un mois et demi de mon anniversaire. Ni une ni deux, j’ai élaboré un plan de rassemblement de cadeaux… je voulais bien avoir des coups de cœur comme les grandes dames, mais il fallait rester raisonnable.

Aujourd’hui cela fait bientôt quatre ans que je transporte feuilles de cours, ordinateur, pyjamas et tutu turquoise (halloween oblige) dans ce canapé revisité. Mon premier coup de cœur est allé à un objet recyclé et savoir qu’il « vit » avec moi sa deuxième vie, lui donne pour moi encore plus de valeur…

P.S. J’ai découvert en écrivant mon article, que Mélanie Iten menait un projet social avec la ville de Genève, visant à réinsérer des jeunes adolescents dans la vie active, en leur apprenant à coudre et à fabriquer des sacs… et pour le coup, c’est encore mieux qu’un kit à fabriquer des bonbons.

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Sacs sur-mesure sur www.itentaschen.ch (nouveau modèle à venir l’automne prochain)

Photos: Kimyan Flückiger et www.itentaschen.ch

 

 

 

 

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