Ecolochic, par Beaumont Organic

photo short beaumont organique Effleure Céliane De Luca

Ne vous est-il jamais arrivé de vous glisser dans un vêtement et de vous sentir instantanément transporté dans une ambiance particulière ?

Vous enfilez cette minijupe en similicuir et vous devenez une espionne infiltrée pour un conflit top secret. Sans vouloir vous vanter, vous êtes même quasiment dans les bras de James Bond. Vous lacez vos baskets et soudain, vous êtes un 90’s Street Kid, lecteur cassette au fond du sac et ballon de basket sous le bras. Une paire de lunettes de soleil suffit à faire de vous une businesswoman (ou un businessman, bien sûr), prête à gravir les échelons sociaux jusqu’à pouvoir vous offrir un fauteuil rouge vif à placer à côté de la baie vitrée de votre bureau new-yorkais.

Je ne suis pas la seule, rassurez-moi..?

Donc, à peine ai-je reçu mon short en laine gris perle de Beaumont Organic, protégé par une enveloppe frou-froutante de papier de soie, qu’un frisson m’a parcourue : je me suis vue gambader dans les prairies du Derbyshire, m’arrêter au sommet d’une colline et réciter du Shakespeare les yeux mi-clos, la chevelure au vent. Ensuite, mon portable a sonné, mais ça, ce n’est pas apparu dans mon fantasme.

Les pièces de Beaumont Organic sont un merveilleux mélange de simplicité décontractée et d’élégance intemporelle. J’adore leurs coupes évasées, libérées, qui permettent d’entrevoir des courbes féminines sans les imposer, toujours avec cette irrésistible english touch. Et chacune des pièces est fabriquée avec amour dans des matières biologiques.

Parce que j’ai découvert récemment ce qu’était le coton, dont est fabriquée une majorité de nos vêtements. Ça sonne bien, « 100% coton », c’est doux à nos petites oreilles.

Sauf que le coton est une plante qui boit de l’eau. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup d’eau. 2500 litres d’eau sont ainsi nécessaires à la production d’un t—shirt en coton. Et je ne sais pas vous mais, bien que ces chiffres soient à relativiser, je me suis dit que si à chaque fois que je mets le grappin sur un débardeur, je vide une piscine, j’ai au moins intérêt à bien le choisir, vous ne pensez pas ?

Mais surtout, le coton est une plante fragile, qui nécessite une quantité astronomique de produits toxiques et insecticides pour la rendre plus résistante.

Et alors ? Alors, ça peut avoir des effets inattendus et tragiques, comme l’explique cet article que j’ai lu sur Alternet* : Dans les années 1950, deux fleuves d’Asie centrale, l’Amu Darya et le Syr Darya, ont été détournés de la Mer d’Aral pour fournir l’irrigation nécessaire à la production de coton des régions voisines. Les conséquences ne se sont pas fait attendre : aujourd’hui le niveau d’eau dans la Mer d’Aral a baissé à moins de 10 pour cent de ce qu’il était il y a 50 ans. De plus, au fil du temps, la mer s’est chargée de sel, mêlé à l’engrais et aux pesticides des champs de coton. La poussière du fond sec et exposé de la Mer d’Aral contenant ces produits chimiques et ce sel ont saturé l’air, créant une crise de santé publique et s’installant sur des champs agricoles, jusqu’à contaminer le sol.

C’est glauque, n’est-ce pas ?

Heureusement, il existe aujourd’hui de nombreux vêtements et accessoires en coton bio, qui, s’il est certes aussi assoiffé que le coton habituel, n’a pas été « élevé aux pesticides ». En réalité, je crois que le but n’est pas d’abolir la culture du coton, mais d’en consommer moins et donc de le consommer mieux.

Et la bonne nouvelle dans tout ça, c’est que Beaumont Organic a sorti sa nouvelle collection printemps/été 2016, constituée à 100% de vêtements en différentes matières issues de culture biologique : lin, cuir à tannage végétal (donc sans chrome), laine, et cætera. Et elle est magnifique ! Cette collection, c’est la délicatesse pure. Elle transforme les basics en essentiels chics de notre garde-robe, dont on ne pourra jamais nous séparer.

Et puisque Beaumont Organic s’est mis en tête de prouver que la perfection existe, relevons encore qu’ils font uniquement appel à des petites entreprises familiales au Portugal et à des producteurs locaux, afin de soutenir l’industrie du textile en Angleterre, of course.

Maintenant excusez-moi, mais my dear cup of tea m’attend, je vous retrouve la semaine prochaine avec un nouvel article-interview exclusive !

(Elle s’en alla à-travers les prairies. Depuis le sommet de la colline, on pouvait apercevoir son short gris bondissant entre les hautes herbes.)

Short : Beaumont Organic

*Alternet (en anglais)
short
Beaumont Organic short detail

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